Les mafias du web… (by soufron)
Chronique paranoiaque suscité par les soubresauts de la fin de Megaupload et la comparaison entre hackers et mafia en ligne.
Mais d’abord, mafia ou pas mafia ? Plus que la mafia, le masque des Anonymous renvoie à la résistance puisqu’il s’agit d’une représentation figurative de Guy Fawkes – l’un des assassins malheureux de James Premier Roi d’Angleterre. De même, les hackers comme Lulzsec se sont toujours revendiqués comme étant plutôt des activistes – voire même des hack-tivistes – et non pas des criminels attirés par l’argent.
Pourtant le crime informatique est devenu quelque chose de tout à fait sérieux, grossissant au même rythme que le reste du réseau. Le fraudeur-type est un auto-entrepreneur pratiquant l’intégration verticale. Par exemple quelqu’un qui achète une machine à encoder les cartes de crédit, prend un travail dans une sandwicherie ou un call center afin de récupérer des numéros de carte bleue, puis va la nuit retirer de l’argent dans les distributeurs.
Au-delà de ces individus, ce sont des réseaux qui sont en train d’émerger, dans lesquels s’organise la division du travail. Plutôt que d’attendre dans sa sandwicherie, notre auto-entrepreneur du web peut s’adresser à un phisher – quelqu’un qui se fait passer pour quelqu’un d’autre et vous demander vos numéros de carte bleue – comme par exemple votre banque ou l’une de vos boutiques en ligne.
Et pour disposer d’une puissance informatique suffisante pour faire ses spams, il peut aller engager un « berger de botnets » c’est-à-dire des individus capables de faire fonctionner de façon mutualisée de petits programmes informatiques malicieux baptisés « malwares » qui ont préalablement été introduits sur les ordinateurs d’individus peu attentifs à leur sécurité informatique. Au moment choisi, tous sont activés à distance pour effectuer collectivement les tâches réclamées par leur maitre – à l’insu bien sur de leur légitime propriétaire. C’est de cette façon qu’avait été attaquée l’Estonie en 2007 ou les infrastructures du FBI il y a quelques semaines.
L’apparition de ces botnets a également donné naissance à la profession de kidnappeur numérique, quelqu’un capable de menacer des enseignes commerciales de les surcharger en multipliant le nombre de requêtes sur leurs site web – sauf à accepter de payer une rançon pour retrouver un état de fonctionnement normal.
Ajoutez-y l’intégration de monnaies virtuelles comme les bitcoin, et de places de marchés style ebay mais totalement anonymes comme Silk Road… n’en jetez plus la coupe est pleine.
Tout cela rappelle l’apparition de l’utilisation de la voiture dans la crime organisé, permettant aux voleurs de cambrioler plusieurs appartements ou boutiques dans une même tournée, ou d’échapper facilement aux forces de l’ordre. Il a fallu près d’une génération à la police pour s’adapter, s’équipant bien sur de voitures plus puissantes, mais aussi en développant des réseaux nationaux de coopération policière, ainsi que des méthodes de traçage des criminels comme par exemple les empreintes digitales. Le crime online suscite des adaptations similaires parce qu’il s’agit d’actions transnationales.
Mais le crime en ligne est très différent de l’univers de la mafia. Alors que l’on poursuit des crimes rares et de très grande ampleur, la criminalité en ligne est souvent de petite taille mais en quantité industrielle. Les crimes mafieux sont souvent commis par des marginaux en situation de difficulté sociale alors que les criminels en ligne sont souvent d’un haut niveau d’éducation mais vivant dans des sociétés offrant peu de débouchés.
Alors hackers – qui ne sont pas des criminels, phreakers – comme Steve Jobs, activistes , phishers, la mafia sur Internet est peut-être plus allégorique que réelle, mais elle partage toute une inventivité culturelle avec sa cousine italienne – sa première mise en perspective date d’ailleurs de 1978 dans le très excellent livre de John Brunner « sur l’onde de choc », avec déjà une certaine ambiguité entre le hacker et le criminel.
Mais vous savez ce qu’on dit… selon que vous soyez puissant ou misérable…
Je cherche
Je cherche un moteur de recherche d’un genre un peu particulier.
edit : je l’ai retrouvé, c’était Qwiki !!! https://en.wikipedia.org/wiki/Qwiki
Il fonctionne sur le modèle du linked data ou web of data si vous préférez.
On entre un nom de lieu, d’évènement ou de personne assez connu pour figurer dans wikipedia/dbpedia/freebase/autre, le moteur compile ces données quelques instants puis nous les sert sous forme de diaporama/présentation à la powerpoint en enchaînant les faits, statistiques et surtout médias.
Le tout est “parlé” via une synthèse vocale.
Il me semble que cela avait fait l’objet d’un TED talk et si mes souvenirs sont corrects, le projet était parrainé par un (ancien ?) ingénieur Google, par ailleurs ponte français du Net.

